CNSA : l’insécurité alimentaire s’est aggravée au dernier trimestre de 2016

Publié le 2017-01-10 | Le Nouvelliste

Economie -

La Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) a dressé un tableau sur la situation d'insécurité alimentaire dans laquelle le pays patauge et qui est accentuée par le passage de Matthew, la décote de la gourde par rapport au dollar américain et la résurgence des troubles sociopolitiques liés aux élections de novembre. Dans ce dernier bulletin paru en toute fin de l’année 2016, la CNSA estime que le prix du panier alimentaire est en hausse. « Sur le marché de la Croix-des-Bossales (Port-au-Prince) et ceux des Cayes, cette hausse a été considérable. Le panier alimentaire est 14 % plus cher dans le Sud. Et, de 20 % plus cher dans la capitale », lit-on dans le bulletin. Après le passage de l’ouragan Matthew en début d’octobre et les pertes énormes estimées à 1. 9 milliard de gourdes, la tendance s’est renversée, avec des hausses significatives surtout en novembre, à travers tout le pays, particulièrement à Port-au-Prince, aux Cayes, à Fond-des-Nègres et à Jacmel. « Le coût moyen du panier alimentaire a varié de plus de 8 % par rapport au mois précédent ». A cet égard, l’insécurité alimentaire sera aggravée dans les régions fortement touchées. « Les ménages pauvres seront incapables de satisfaire par eux-mêmes leurs besoins alimentaires et pourront se retrouver en crise », prédit la CNSA. Le président Jocelerme Privert, dans une interview accordée à Le Nouvelliste, à la fin de l’année, a parlé de la famine qu’on annonce déjà dans certaines zones de la Grand ’Anse, département le plus touché par l’ouragan. Pour les produits importés, par contre, mis à part le sucre et l’huile comestible, les prix des céréales importées demeurent stables sur les différents marchés, ce au fort même de la dépréciation du taux de change. « Les prix de ces produits sont encore à un niveau élevé par rapport à la moyenne de l’année dernière et à celle des cinq dernières années », précise ce bulletin. Cette situation est induite par les chocs de l’ouragan Matthew et les inondations ayant marqué les mois d’octobre et de novembre qui ont ravagé le secteur agricole. Une situation qui tend à s’accentuer. Pour toute solution urgente, la CNSA a recommandé de revoir la stratégie d’assistance aux personnes en difficulté. A cause de la bonne performance des récoltes de printemps, il y avait une baisse des prix des produits locaux par rapport au trimestre précédent. Le prix réel du panier alimentaire a baissé d’au moins 3 % en moyenne comparativement au trimestre antérieur. Jusqu’à septembre, les conditions de disponibilité et d’accessibilité, à travers le pays, ont été plus ou moins favorables, explique la CNSA.

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