L’œil rivé/ l’oreille tendue

De la confiance de l’entraîneur et autre considération

Publié le 2017-01-09 | Le Nouvelliste

Sport -

A l’orée de 2017, la rumeur enfle du probable départ du Colombien James Rodriguez et du Portugais Kepler Laverande alias Pepe du Real Madrid. Zinedine Zidane, coach depuis janvier 2016 des Merengue, eut tôt fait de couper court à cette rumeur. Il ne voit pas pourquoi Pepe s’en irait du Real après dix ans de loyaux services. De même, il ne s’explique pas la raison pour laquelle James Rodriguez devrait tourner le regard vers un autre club européen. Curieusement, comme requinqué par ce renouvellement de confiance James Rodriguez est l’auteur d’une doublé le mercredi 4 janvier en huitième de finale aller Real-FC Séville comptant pour la Copa del Rey. A sa sortie du champ de jeu à la 82e minute, le jeune milieu offensif colombien a salué son entraîneur avec chaleur. Le reporter sportif de Radio Zénith, 102.5 FM de signaler le geste et de commenter : « Zidane qui ne lui fait pas confiance. Il manque de temps de jeu. Heureusement, l’entraîneur semble lui dire : «Mon gars, tiens bon !». En réalité, la motivation est pour beaucoup dans la performance du joueur. Dans le football professionnel, la concurrence est rude. Mais je soupçonne que, le potentiel offensif madrilène reposant largement sur le Portugais Cristiano Ronaldo, le Gallois Gareth Bale et le Français Karim Benzema, les autres talents tels que l’Espagnol Francisco Alarcon alias Isco, l’Espagnol Alvaro Morata et précisément James Rodriguez ne soient freinés dans l’esprit d’initiative. Dans le jargon sportif- c’est valable en football comme en basketball- au moment décisif même le joueur en position excellente choisit de passer la balle au «boss» ou au «patron» ou encore au «maître du jeu». Dans le savoureux créole haïtien, on parle de « mèt jwèt». Ainsi, à propos du joueur, qui, hier encore, jouissait d’une réputation d’efficacité offensive et se retrouve en panne sèche sur une période plus ou moins longue, il ne faut pas se couper les cheveux en quatre pour en déceler la cause. Il s’est laissé prendre au piège de confier la responsabilité de l’initiative au leader de l’équipe. Ce qui est mauvais et, évidemment, contre-productif dans un sport collectif. A preuve : quand, devant le petit écran, j’entendis Pierre Jérôme de la TNH annoncer avant le coup d’envoi que Cristiano Ronaldo avait été laissé au repos pour ce match, je me suis dit : « Voilà une bonne occasion pour le jeune Colombien de s’exprimer.» Comme de fait. Quand à Pepe, il est naturel qu’à 34 ans, bientôt 35 ans, il envisage de se retirer. Non pas du football actif. La rumeur bruit de sa prochaine arrivée en Chine. Philippe Vorbe disait à propos de Pierre Jean-Jacques qui signait dans un club de D2 en France : « Jean-Jacques gère sa fin de carrière.» Parodions : « Pepe gère sa carrière avant de prendre sa retraite» Eh oui ! Il y a la conservation de la confiance de l’entraîneur (facteur psychologique) et la gestion de fin de carrière (question pratique). Tout est dans la distinction.

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