Rendons l’année 2017 meilleure

Publié le 2016-12-29 | Le Nouvelliste

Editorial -

L’année 2016 s’en va sans que nos vœux pour une Haïti meilleure soient exaucés. Le processus électoral reste inachevé. S’il est vrai qu’on est toujours dans le calendrier électoral, il faut cependant reconnaître que la crise politique reste entière. Les acteurs politiques n’arrivent toujours pas à se dépasser. Ainsi, l’instabilité politique a apparemment de beaux jours devant elle. Pour le malheur de notre pays qui accuse des retards dans presque tous les domaines. Nos indicateurs de développement – PIB per capita, taux de chômage, couverture sanitaire, mortalité infantile, pour ne citer que ceux-là – traduisent cette triste réalité que seule la classe politique semble ignorer. Les vœux d’une année 2016 meilleure que les années antérieures n’ont pas été matérialisés. Sans aucun doute, nous allons entrer dans le nouvel An avec un gouvernement provisoire effacé. La grève du personnel des hôpitaux publics en est la preuve. Quelque deux semaines après le lancement de la grève, aucune mesure n’a été prise pour y trouver une issue. Le MSPP est-il impuissant ? Laisse-t-on pourrir la situation ? Dans l’un ou l’autre cas, les victimes sont les plus démunis. Ceux qui n’ont pas les moyens de fréquenter les hôpitaux privés. La présence des ONG, ce mal nécessaire, nous empêche, sans doute, de saisir la dimension du problème. On ne peut pas faire le bilan de l’année 2016 sans prendre en compte le passage du cyclone Matthew dans le grand Sud. Le bilan de la catastrophe, en termes de dégâts matériels et pertes en vie humaine, est considérable. Il n’existe encore aucune formule, aucun appareil, aucun gouvernement qui puissent empêcher une catastrophe naturelle de frapper un pays. On peut cependant s’organiser pour diminuer les dégâts. On peut aussi se donner les moyens pour assister les victimes. Le cyclone Matthew nous a démontré que nous avons beaucoup à faire. Cuba, notre voisine, nous apprend que se préparer pour affronter les catastrophes naturelles est possible. Il nous revient d’apprendre la leçon. L’instabilité politique ne nous a pas donné le temps d’y penser en 2016. 2016 s’en va en laissant beaucoup de familles inconsolables parce que l’un des leurs a été victime d’assassinat, de kidnapping ou d’injustice de toutes sortes. En 2016, les systèmes éducatif et sanitaire n’ont pas été renforcés, la production nationale n’a pas été relancée, la justice n’a pas été réformée, l’État de droit n’a pas été établi, la guerre contre la corruption n’a pas été lancée…Qu’en sera-t-il de 2017 ? La réponse dépendra de la capacité de notre classe politique à faire passer l’intérêt collectif avant le sien. Tout dépendra aussi de la volonté du prochain gouvernement à divorcer d'avec les mauvaises pratiques, tels que la corruption, le népotisme, le clientélisme et le non-respect de la loi, qui mettent le pays à genoux. Une année 2017 meilleure que 2016 ne sera pas possible sans une implication réelle de nos élites – économique et intellectuelle – dans les affaires du pays. On doit cesser de voir Haïti comme un pays de transit. Une année 2017 meilleure que celle qui s’achève ne sera pas possible sans une communauté haïtienne qui sait qu’elle a le droit de choisir ses dirigeants et le devoir de leur exiger des résultats. Une année 2017 meilleure que 2016 dépendra de la capacité de chaque secteur et de chaque Haïtien à jouer son rôle.

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