Donald Trump prive Hillary Clinton du couronnement suprême

Publié le 2016-12-26 | Le Nouvelliste

Idées & Opinions -

La droite américaine s’implose: Le déni d’un parti gouvernant La droite américaine, qui a établi la dictature séculaire du bipartisme aux États-Unis, paraît avoir atteint les limites extrêmes de son implosion. Et les élections du 8 novembre dernier sont bien explicatives de cette observation unanimement admise dans la vie politique contemporaine du grand voisin du Nord. Bien que l’Amérique soit considérée comme la plus grande démocratie d’Occident et la civilisation la plus avancée du monde, sa démocratie est bien sélective au regard de la liberté d’expression idéologique et de la liberté de conscience. Il est bien difficile d’élaborer sur une démocratie qui n’admet que deux partis politiques, même si la loi n’interdit pas l’existence d’autres courants idéologiques. Mais entre la loi et le pouvoir d’argent, il existe une différence énorme: si la loi garantit le droit à l’existence des partis et organisations politiques, elle est muette et impuissante devant l’économique. Telle ou telle formation politique peut bien exister et se faire légalement enregistrer, mais peut-elle grandir, avoir de l’audience jusqu’à s’imposer sur la scène? Quand la presse est contrôlée par les deux partis traditionnels américains qui dominent le Parlement, la présidence et les gouvernements locaux. C'est ici tout le secret et les filaments de la démocratie américaine dont on vante les bienfaits au moyen des chants de sirène; qu’on s’autorise même à la prendre comme modèle avec la ferme conviction de l’imposer à autrui, quoiqu’elle tolère en son sein le racisme moderne. Répandant et professant les mêmes valeurs capitalistes et chrétiennes ainsi que l’interventionnisme en politique étrangère, Parti démocrate et Parti républicain, à eux deux seuls, disposent de plus de soixante-dix millions d’adhérents (70 000 000, d’après les dernières statistiques de 2014) dans un pays où les classes défavorisées n’ont même pas le temps de se recréer après une journée de dur labeur faite essentiellement d’exploitation et d’abus de toute nature. Donc pas de temps à la recherche. Il y en a parmi les classes laborieuses qui sont obligés de se faire enrôler dans deux ou trois jobs/petits boulots afin de pouvoir répondre à leurs obligations morales, alors que la journée ne compte que vingt-quatre heures. Histoire de dire que les masses populaires étasuniennes ne lisent pas ni ne comprennent même pas le système dans lequel elles vivent. C’est un conditionnement imposable à la gent ouvrière exploitée et opprimée: c’est en raison de ce phénomène social étrange, que l’État fédéral étasunien se permet d’organiser des élections au suffrage universel indirect exclusivement pour ce qu’il appelle « grands électeurs ». Une démocratie bien au rabais. Quiconque a la science de discernement verra que, dans la démocratie américaine, something goes wrong and need to be addressed. En substance, l’ensemble de ces questionnements et de ces imperfections ont fini par rejaillir en plein visage des élites lors des élections du 8 novembre 2016 dans lesquelles le très controversé candidat Donald Trump a émergé, et s’apprête à occuper la plus haute fonction de l’État américain en tant que président élu. C’est ce qui va faire l’objet des lignes qui vont suivre, que le lecteur universel appréciera à sa juste valeur. Avant toute extrapolation oiseuse, toute critique négative et avant toute condamnation prématurée, cette double interrogation s’impose à la conscience intellectuelle des historiens et analystes qui auront à présenter les circonstances contextuelles et les faits ayant marqué ce scrutin particulier aux États-Unis. Comment Monsieur Donald Trump est-il parvenu à se faire élire dans une élection où il a été perçu vraisemblablement comme un électron libre, du moins comme un outsider? Et pourquoi son élection a-t-elle soulevé tant de remous et d’émois dans l’Amérique contemporaine comme dans le reste de la planète? De prime abord, Monsieur Trump n’est pas un candidat de l’orthodoxie du bipartisme régnant, vis-à-vis de son adversaire démocrate Madame Clinton qui est un produit fini du système traditionnel américain. Selon toute apparence, il est aussi bien éloigné des sophismes et des discours spécieux qui ont tant d’emprise sur l’opinion publique au point qu’ils représentent un blocage au développement positif de la conscience humaine: c’est-à-dire des argumentations qui ne sont ni prouvées ni validées, mais qui alimentent pourtant le discours dominant ou l’idéologie dominante. Men nan ki kalte anbyans manifoktèl ke fanm ak gason save lakilti mete osnon kondisyone sila-yo ki pi vyolab e manipilab nan lemonn antye. Konsa manti ak tikal verite pase pou levanjil.\r\n\r\nTrump n’est certainement pas porteur d’un discours nouveau, ni n’ignore qu’il est un fils favorisé du système qui lui a permis de faire fortune: il figure parmi le cercle restreint des milliardaires nord-américains. Il porte de préférence un message direct facilement lisible et compréhensible, et ne s’embarrasse pas de scrupules inutiles. Au cours de sa campagne, il a déclaré au peuple de l’Amérique profonde qu’il a tout gagné et qu’il ne concourt pas à la Maison-Blanche pour exercer une sorte de trafic d’influence intéressée, mais pour lui être utile et sa voix (« Je suis votre voix », de l’anglais « I am your voice »). La voix des sans-voix est une maxime universelle qui peut être exercée par celle ou celui qui croit être porteur des valeurs transformatrices, mais ignorées de la majorité silencieuse. Il pense aussi que le phénomène nouveau de délocalisation a privé la main-d’œuvre américaine d’utiles emplois qui sont allés ailleurs dans le cadre de la démocratie libérale, il veut donc les reconquérir au bénéfice de son peuple. Sur le plan de la sécurité nationale, Trump propose d’adopter des mesures adéquates pour renforcer les structures et infrastructures de surveillance qui portent sur la frontière que les États-Unis partagent avec le Mexique. La frontière américano-mexicaine s’étend sur 3,141km en passant par San Diego (Carlifornie) et Tijuana ou Basse-Californie jusqu’à El paso (Texas) et Ciudad Juárez. Avec, en plus, le fleuve Rió Grande comme frontière aquatique. Le traité de délimitation des frontières remonte à 1853. L’immigration et la migration clandestines est au cœur de la politique sécuritaire pour laquelle le candidat Trump exige un contrôle rigoureux des ressortissants étrangers qui entrent aux États-Unis. Il cible particulièrement deux catégories de nationalité: Arabes musulmans et Mexicains.\r\n\r\nLa frontière canado-américaine (8,891km du Sud à l’Ouest) n’a pourtant pas été évoquée lors des débats qui mettent en duel les deux candidats de la droite américaine, en l’occurrence Hillary Clinton et Donald Trump. Cette absence remarquée s’explique très probablement par la politique de bon voisinage et de faveur qui lie les deux peuples frères: un citoyen canadien est bien dispensé de visa pour franchir la frontière et entrer sur le territoire américain sans encombre, à moins qu’il soit potentiellement dangereux. Vice-versa. Cette attitude de complaisance mutuelle a pour but de frustrer encore plus le peuple mexicain dans son âme, qui compose le trio du Nord de l’Amérique. Mais il semble que le destin l’ait voulu ainsi, ce traitement plutôt discriminatoire.\r\n\r\nEn matière de politique étrangère des États-Unis, Trump distingue 3 volets sur lesquels il table et n’en démord pas: concernant des bases militaires à l’étranger qui assurent la sécurité des uns et des autres et qui coûtent cher à l’État, il veut que les bénéficiaires ou les récipiendaires potentiels payent leur note. Dans cas contraire, la présidence (Maison-Blanche) et le Congrès (Capitole) seraient dans leur bon droit de les rapatrier: c’est un dossier crucial qui a non seulement la vertu de raffermir l’économie nationale, mais encore de protéger la vie des troupes qui se trouvent dépaysées de leur pays natal. Il a fait allusion à l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN and/or NATO) qui coûte également très cher à l’État fédéral US, dont il évoque la caducité effective dès le moment où la Russie soviétique ou l’URSS s’implosa et se désintégra en décembre 1991. C’est-à-dire la mission pour laquelle elle fut créée a longtemps pris fin, du moins l’OTAN n’a plus sa raison d’être puisque l’Union soviétique n’existe plus. \r\n\r\nEnfin, il veut que la guerre contre le Djihadisme ou l’EI ou le Daech soit totale; la Russie fédérale est, selon lui, la puissance la plus indiquée pour contribuer à la matérialisation concrète de cette cause. Il croit donc, en effet, que Washington a le devoir moral de composer avec Moscou en nouant de nouveaux rapports sur une base d’équité et sur une base d’égalité des forces qu'il anticipe dans les nouvelles relations internationales à établir par l’apport objectif des deux superpuissances universellement reconnues et admises. S’aliéner les bons rapports de l’Amérique avec la fédération de Russie n’est pas une perspective envisageable et n’amènera pas la paix dans le monde. (Personne ne peut prétendre vaincre la Russie sans vaincre la Chine populaire et d’autres alliés insoupçonnés peut-être pour l’heure. Et les alliés naturels de l’Amérique ne souhaitent pas non plus une conflagration généralisée de la crise syrienne. C’est l’auteur qui souligne). Selon Trump, il faut rallier la cause que le gouvernement du président Vladimir Poutine défend en Syrie afin de se donner du temps pour mûrir et bâtir ensemble la nature des relations internationales de demain. Car d’autres objets et faits d’armes beaucoup plus cruciaux et pertinents attendent les deux superpuissances qui doivent donner le bon exemple, dans le cadre du maintien de notre civilisation. Création de nouveaux emplois, récupération des emplois perdus, sécurité nationale et politique étrangère sont les quatre axes nodaux sur lesquels repose le programme virtuel de gouvernement du candidat Donald Trump, aujourd’hui élu président des États-Unis d’Amérique. Le peuple de l’arrière-pays ou du paysannat lui a librement accordé son vote et sa confiance pour gouverner la nation étasunienne pendant quatre années d’affilée qui commencent à courir le 20 janvier 2017. La nature de sa performance indiquera s’il pourra briguer un second mandat, étant donné que la Constitution américaine le lui permet.\r\n\r\nEn face de lui, la concurrente démocrate Madame Hillary Clinton, dont l’époux Bill Clinton occupa la fonction de président de l’État américain de 1993 à 2001, n’a absolument rien proposé. Sinon qu’elle a ressassé et entretenu son public avec des lieux communs, des déjà dits, déjà vus et des déjà entendus. En Haïti, elle n’aurait pas fait recette puisque l’Haïtien le plus simple d’esprit ne mange la soupe réchauffée qu’une seule fois, même s’il avait faim. La candidate démocrate est clouée au sol. Bienséance oblige, son rival républicain préfère parler d’absence de «no stamina » de l’anglais « pas d’énergie physique » au lieu de ses facultés mentales qui marchent au rabais. \r\n\r\nPour essayer de se faire une raison d’être debout dans le débat, elle avait dû faire un emprunt auprès de Bernie Sanders, son concurrent dans les primaires démocrates: salaire minimum à USD15.00 l’heure. Bien que le candidat perdant demande à ses partisans et sympathisants (composés essentiellement de jeunes des deux genres) de voter pour Mme. Clinton, il n’est pas évident que ceux-ci aient respecté le mot d’ordre; ils voulaient de préférence donner le ticket à Bernie Sanders qu'ils croient être un homme debout. But the system is rigged and does not want him, said Trump. Le Parti démocrate devait étiqueter le sénateur de Vermont d’élément de gauche, mais pareille attitude déloyale dénote aussi une absence cruelle d’idées chez les élites traditionnelles américaines. Déloyauté chez les démocrates et déloyauté chez les républicains forment un tissu d’incohérences, d’inepties et d’idioties s’emparant les classes dirigeantes traditionnelles étasuniennes qui ont offert un discours de caniveau à l’occasion de ces élections dites démocratiques non seulement à l’opinion publique à l’interne, mais aussi aux téléspectateurs des pays étrangers qui suivaient les débats couvrant les primaires et les générales. Le manque de caractère et l’attitude défaitiste des dirigeants des deux partis traditionnels paraissent à plus d’un titre symptomatiques de leur dislocation, leur dysfonctionnement ou de leur lente implosion. Quoiqu’il conserve la majorité au Congrès et le Sénat, le déni du parti républicain est à déplorer; il fut le premier à tirer à boulets rouges sur son propre candidat: Mitt Romney, qui fut battu par Barak Obama dans la course à la présidentielle de 2012, qualifie Trump d’« imposteur »: « Donald Trump prend les Américains pour des poires et il faut à tout prix barrer la route à cet imposteur avant qu’il devienne le candidat républicain, en vue des élections présidentielles. », dixit Mitt Romney. Il est actuellement postulant pour le poste de secrétaire d’État, ou ministre des affaires étrangères; il a déjà fait le pèlerinage au bunker à New York où il a été reçu par le président élu, Donald Trump. Jugez-en par vous-mêmes la nature de la morale capitaliste. Le candidat victorieux des urnes américaines aura donc battu les deux partis politiques dominants réunis, vaincu la famille Clinton réunie, et, à l’international, il a provoqué une onde de choc et une déception collective dans le camp de la droite libérale conservatrice et de la social-démocratie, repaire des réformistes. Notamment les républicains de France (LR), François Hollande et le parti socialiste français, ainsi que la CDU = Union chrétienne-démocrate de la Chancelière fédérale Angela Merkel d’Allemagne. A l’heure qu’il est et après le Brexit anglais et le désappointement américain, le spectre du Front National (FN) hante la France entière car les frontistes jouissent d’une bonne cote à l’approche des élections présidentielles françaises, prévues au printemps prochain. Aussi les classes dirigeantes et la mutuelle intellectuelle capitaliste s’imposent-elles une veillée politique dans laquelle elles perçoivent le FN de Marine Le Pen comme un récipient de lait sur du feu: bò isit la nou konnen kisa sa vle di: sètadike si w pa veye chodyè lèt la, ebyen w riske rete tou grangou e tityovi yo kapab gentan dekonpoze nan men w. Nous semblons donc assister à une scène digne d’un calice bu jusqu’à la lie. Il n’y a pas que l’indécence ou la démence intellectuelle ayant marqué la conscience de l’Amérique moderne dans ses élections qu’elle organise tous les quatre ans à l’aune des « grands électeurs » dont la nature idéologique est invariablement uniforme ou univoque, s’enchaînent également des salves d’artillerie et des scandales comme agrément de la chose. Trump aura été accusé de tous les péchés d’Israël: depuis le fruit défendu en Éden en passant par la nudité du grand patriarche Noé avant, pendant et post-déluge jusqu’aux sept plaies d’Égypte. On aperçoit ici l’association historique de l’Égypte d’Afrique et d’Israël d’Asie dont la pointe orientale permet la jonction des deux territoires par la Méditerranée, l’Église catholique devra un jour s’expliquer sur l’exactitude des origines de Jésus à qui elle a donné une nature divine et dont il fait un homme blanc dans le cadre de sa politique raciste. L’auteur en relève trois accusations contre le candidat Trump pendant la longue et poussive campagne électorale américaine: il est taxé d’extrême droite, de racisme et de sexisme. Dans le concept « extrême droite », il y a le mot droite, ce qui est une certitude. Ses rivaux du parti démocrate comme ses contempteurs du parti républicain n’en connaissent pas moins la droite comme philosophie et l’exercent depi lè tikon konm tap goumen ak berejèn. Le problème ne se pose pas au centre ou à l’extrême, il s’git de la droite capitaliste exploiteuse qui porte en elle des courants d’expression les uns plus chauvins que les autres, notamment le fascisme et la droite extrême qui sont deux ailes chauvines de la bourgeoisie droitière d’origine. On s’en souvient, Mussolini et Hitler furent un sujet d’admiration et de fascination inouïe des bourgeoisies d’Europe, d’Amérique du Nord et du Vatican. Ces deux bouchers de l’histoire moderne sont vénérés par la bourgeoisie universelle d’hier et d’aujourd’hui. Le racisme naissant et le racisme moderne d’aujourd’hui sont une invention de l’homme blanc. Donald Trump est un homme blanc et ses critiques le sont également; il les connaît mieux que le Nègre qui subit leur courroux. Sauf que Trump a fait un appel électoraliste à la communauté noire américaine, qui semble relativement consistant: quand il sollicite le vote des Noirs en leur promettant la paix dans les quartiers et banlieues pauvres et du travail, afin d’assurer leur émancipation sociale et économique. Et d’ajouter: « vous ne craignez rien, ni rien à perdre si vous votez pour moi, car il se constate que vous votez pour les démocrates chaque quatre ans et après leur élection ils vous disent bye bye, rendez-vous dans 4 ans. » (La condition nègre n’a pas changé aux États-Unis. Ni sous l’administration républicaine ni sous celle démocrate. Les quelques acquis dont jouit le Nègre américain le sont non pas d’un cadeau tombé du ciel de la Providence, mais ils sont le fruit de hautes luttes engagées par la Communauté. Excepté qu’elle semble cesser de lutter, ce qui n’est pas une bonne perspective encore moins une stratégie de lutte). Dans les conditions chancelantes de l’Amérique puritaine accrochée soi-disant à des principes et des valeurs morales, la critique du sexisme nous a paru anecdotique et épisodique si l’on se réfère à l’affaire de Monica Lewinsky (1998 – 1999) qui avait fait la Une des journaux américains et dans laquelle le président de l’époque faillit perdre son fauteuil puisque la procédure d’impeachment eut bel et bien lieu, mais fut invalidé par le Sénat d’alors. L’hystérie avec laquelle la droite traditionnelle manifeste son mécontentement face à la montée en puissance des extrêmes droites n’est pas de nature à être considérée comme un sentiment de refus, de réprobation ou de révolte de la conscience bourgeoise; loin de là, pas du tout. Elle témoigne plutôt (dans le camp des Grecs) un sentiment d’incertitude, d’anxiété et de la peur de perdre le pouvoir et les privilèges du système. Car, au regard de l’histoire, la droite extrême ou le fascisme a tendance à créer sa propre classe économique allant de l’autonomie des valeurs culturelles à l’indépendance politique. Sont ici les deux arguments que les dirigeants dudit courant de droite promeuvent dans les relations internationales comme dans la diplomatie internationale. Le racisme a existé depuis Voltaire et ses collègues des Lumières jusqu’à Gobineau considéré dans les milieux intellectuels occidentaux comme le père doctrinaire en ce qui a trait à la hiérarchisation & classification des races humaines. Telle est notre attitude. Décembre 2016

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