Alcool au volant : Les conséquences de nos inconséquences

À bien observer, la période des fêtes de fin d’année pourrait tout aussi bien s’assimiler à la période de la fête de l’alcool tant celui-ci est présent et consommé un peu partout et sous différentes formes. Malheureusement, autant il est un élément majeur de la convivialité et de la fête, autant il constitue un facteur de risque sur les plans sanitaire, social, économique.

Publié le 2016-12-19 | Le Nouvelliste

Village Santé -

En effet, la consommation d’alcool est identifiée par l’OMS comme l’un des dix premiers facteurs de risque des maladies dans le monde. C’est un facteur aggravant et un facteur qui cause directement environ un quart de l’ensemble des maladies. Mais qu’est-ce que l’alcool et que devient-il dans notre organisme ? Toutes les boissons alcooliques contiennent la même molécule appelée éthanol ou, en langage courant, alcool pur. L’éthanol provient de la fermentation de fruits, de grains ou de tubercules. La fabrication de certaines boissons alcooliques comporte une étape de distillation, qui permet d’augmenter la concentration en alcool. En fait, les boissons telles qu’on les sert dans les bars, restaurants ou boîtes de nuit contiennent toutes approximativement la même quantité d’alcool pur : soit environ 10 grammes. C’est ce qu’on appelle un verre standard, ou encore une unité alcool. Après consommation, l’alcool est absorbé tel quel au niveau de l’intestin grêle et passe dans le sang. En quelques minutes, il est alors transporté dans tout l’organisme, notamment jusqu’au cerveau. L’alcool est éliminé en grande partie par le foie. Les conséquences de l’alcool sur la santé n’étant plus à prouver (intoxication alcoolique, troubles psychiques, dommages sur le cerveau, sur le foie, le pancréas et le cœur, cancers, etc.), nous allons nous attarder sur ses conséquences sur la voie publique. ? Conséquences de l’alcool sur la voie publique Il est généralement interdit de conduire avec un taux d’alcool pur dans le sang égal ou supérieur à 0,5 g par litre de sang, soit 0,25 mg d’alcool par litre d’air expiré. Au-delà de cette limite, le conducteur compromet gravement la sécurité de ses passagers et des autres usagers de la route considérant que : • l’alcool rétrécit le champ visuel ; • l’alcool augmente la sensibilité à l’éblouissement ; • l’alcool altère l’appréciation des distances et des largeurs ; • l’alcool a un effet euphorisant. Il provoque une surestimation de ses capacités ; • sous l’effet de l’alcool, un conducteur peut décider, devant un obstacle, de freiner sur une distance trop courte pour s’arrêter ou, devant un passage plus étroit que sa voiture, de passer quand même ; • sous l’effet de l’alcool, le conducteur a un comportement dégradé par rapport au conducteur sobre ; cela se traduit par une prise de risque plus importante : vitesse excessive, agressivité, réflexes diminués… ; • l’alcool diminue les réflexes ; la durée moyenne du temps de réaction dans des conditions normales est évaluée à une seconde environ. En outre, la qualité de la conduite se trouve affectée lorsque la consommation d’alcool est associée à la prise de certains médicaments. En effet, certains médicaments comme les somnifères, les tranquillisants et même certains antibiotiques augmentent considérablement les effets de l’alcool. L’automédication pratiquée pour des affections bénignes (rhumes, états grippaux) peut également rendre dangereuse l’absorption d’alcool. Soyez vigilant(e) ! À l’approche des fêtes de fin d’année, il est vital de rappeler que la consommation abusive d’alcool peut augmenter les problèmes familiaux, diminuer la productivité sur le lieu de travail, fragiliser ou même briser les relations de couples. Cela peut également conduire à des agressions sexuelles, violences domestiques et même des meurtres. Au soir de l’an 2016, gardons à l’esprit qu’une consommation régulière et excessive d’alcool peut être responsable de troubles de l’attention, de la concentration, de la mémoire, des capacités d’abstraction et des fonctions exécutives, du non-port de la ceinture de sécurité ou du casque, aussi bien que d’accidents de voiture, de chutes, de brûlures, de noyades, etc. Privilégions la sobriété si nous devons conduire ! Dans le cas contraire, limitons-nous à deux verres maximum. Veillons les uns sur les autres et épargnons nos proches, des familles entières et nous-mêmes des souffrances de trop ! Joyeuses fêtes de fin d’année responsables et en santé !!! Smith Sajous Village Santé

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