Deux nouveaux clips sur nos écrans

Ça passe à la télé Les nouvelles vidéos compas sont en baisse. Elles ont été très régulières ces derniers temps. Pour l'heure, c'est le rap et une variété de tendances musicales qui prennent le dessus sur nos petits écrans. Un simple coup d'oeil sur les récents clips de Roody Roodboy et Fantom.

Publié le 2016-09-30 | Le Nouvelliste

Ticket Mag -

« Blòk pa m », Roody Roodboy Contraint d’enfiler à nouveau son costume de « rude boy », Roody range de côté celui de « play boy » qui l’a amusé dans « Karese m la », son clip érotique à tendance compas. Dans la peau d’un porte-parole du ghetto, il revient sous un air stoïque pour traiter la réalité amère qui sévit dans les quartiers défavorisés. Sa nouvelle vidéo fait un zoom sur la résilience des jeunes dans les zones à risque telles que Village Solidarité, Cité Soleil, Cité Militaire et Cité Reno, des lieux qui ont également servi comme principaux sites dans le tournage de « Blòk pa m ». Naïfs de prétendre que l’artiste raconte d’horribles histoires pour amuser la galerie sur le beat d’Haspen Money. C’est une pale copie de la situation du ghetto que Roody dévoile à travers les caméras de Trillion. « Blòk pa m », son fief qu’il essaie de nous décrire en quatre minutes, est un endroit où il n’y a pas d’âge, ni existe de règle, pour posséder une arme à feu. On dirait un Far west où chacun se fait justice comme il l’entend. « Blòk kote m soti a real bad man pa vle wè babilòn. Blòk kote m soti a nèg pa nan fè bif mizik. Blòk kote m soti a nèg pa fawouche pitit… », révèle Roody, qui croit dénoncer en douceur ce qui se fait dans les ghettos. Quant à ceux qui estiment que Roody Roodboy encourage la violence dans son vidéoclip, le rappeur rectifie que « c’est de l’hypocrisie de regarder "Chasse à l’homme" ou "Terminator" tous les jours à la télé et rejeter ce qui fait partie de notre réalité. "Blòk pa m" revendique entre les lignes le désarmement, la scolarisation et l’équité tout simplement. Dans le ghetto on ne chante pas la vie en rose, on se bat pour survivre ». En effet, dans le rap on ne troque pas les favelas, la masse et les graffitis contre le faste et la pompe. Ces valeurs inévitables dans la génétique du ghetto caractérisent l’identité première des vidéos dans ce milieu, a laissé comprendre le compositeur de « Blòk pa m », l’un des hits de l’été. « Murda », Fantom C’est la conquête du pouvoir dans le rap. Quand les flows n’arrivent pas à départager, c’est la qualité des vidéos qui parfois tranche sur le petit écran. Et Fantom a bien appris la leçon. De plus en plus à jour, il n’hésite pas à employer les grands moyens pour que sa suprématie soit établie. « Murda », en effet, laisse une belle impression et le goût d’en voir plus. Cela a fait bouger un peu l’artiste qui peine souvent à sortir de son siège à la rue Nicolas. Très apprécié avec une petite touche de l’étranger exhibant Fantom en bateau et en jet privé, toutefois le clip se centre trop sur « Nonm nan » et prend une dimension tout à fait narcissique. Côté musical, pas une once de nouveauté. La même ritournelle depuis que K-Tafalk s’en est allé. Insultant de certitude qu’il est sans rival, Daniel Darinus devient prévisible dans ses lyriques et tend à se reproduire à force de s’attarder sur des répliques pour ses détracteurs. Monsieur se complimente tellement en solo qu’on le préfère en collabo. Une nouvelle version de « Asefi » n’aurait pas été de refus. Non, il a sûrement le cœur gros pour demander à Rutshelle de le dépanner. Donc en résumé, le peu dont on se souviendra de « Murda », son texte truffé d’éloges et vantant sa suffisance à tous les temps, ce sont probablement les scènes tournées dans la carcasse du vieux train. Celles-ci correspondent mieux à la chanson et au profil du haitian Tupac que Fantom se taille en sourdine.

Réagir à cet article