| |
Stanley Edland: de révélations en révélations
Haïti: Le kidnappeur Stanley Edland n'a pas peur de faire des révélations. Il veut aller jusqu'au bout du tunnel. Son objectif : dénoncer les complices ou auteurs intellectuels des cas d'enlèvement et de séquestration dont il est le principal exécutant.
Les déclarations d'abondance qu'il a faites devant les juges de la Cour d'appel de Port-au-Prince portent à la réflexion. Sans retenue, sans crainte d'être démenti, le tueur à gages, l'agent informateur de la PNH a expliqué avoir commis de nombreux crimes odieux pour le compte d'un ancien responsable de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ). L'un des crimes abominables, souligne-t-il, est celui du directeur du CFC, M. Jean Gérard Gilbert. Il a affirmé l'avoir jeté dans une latrine après lui avoir ôté la vie. Cet acte barbare a été perpétré le ler juin 2005.
Dans ses déclarations, Stanley Edland alias Achou a innocenté les autres camarades assis à côté de lui sur le banc des accusés. « Ceux-là qui m'avaient aidé à accomplir cette sale besogne sont déjà morts », dit-il, citant les noms de Jean alias Kléré Kléré et Jean Jean ainsi connu.
« Les hommes qui sont autour de moi, poursuit-il, sont des innocents. Ils ne savent absolument rien. Je fais mon coup et connais tous les participants », a-t-il indiqué. Devant la Cour d'appel, Edland alias Achou a affirmé qu'il est coupable et se dit prêt à accepter la décision des juges. Raison : « Je sais que j'ai effectivement tué pour le compte de l'ancien directeur de la DCPJ. »
Les inculpés présents à l'audience déclarent n'être pas au courant des activités extrapolicières qui existaient entre l'ancien responsable de la DCPJ et Achou. Toutefois, ils ont confirmé avoir rencontré Achou dans le getto de Delmas « 2». Cependant, disent-ils, « nous n'avons aucune relation avec lui ».
Arrêtés à l'angle des rues de la Réunion et des Casernes, à proximité de la Direction Générale des Impôts (DGI) pendant la campagne présidentielle de M. René Préval, ces inculpés ont été conduits à la Direction Centrale de la Police Judiciaire, située à Clercine non loin de l'aéroport Toussaint Louverture. Leur calvaire a commencé depuis le 4 février 2006.
Tous les inculpés ont été entendus à l'exception de M. Michaël V. Licius. Son avocat, Me Edwin Coq, a promis aux juges de la Cour d'appel de l'accompagner à l'audience fixée au lundi 11 janvier 2010. Sur promesse de Me Coq, la cour fait droit à sa demande en vue de l'audition de M. Licius face aux nombreuses accusations de Stanley Edland portées contre lui.
Agé de 41 ans, Achou demande que les co-auteurs des actes à lui reprochés soient présents afin de faire la lumière sur le cas qui pend à juger.
|
|