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| En route pour le reboisement du Morne Alphonse, à Gros Cheval |
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| Elèves, encadreurs, cadres de l'UNESCO et du MDE posent pour une photo souvenir du rallye |
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| Quand les jeunes mettent en terre 5.000 plantules à Forêt des Pins |
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Dans le sillage du 5 juin, 600 jeunes ont planté l'avenir
Le Réseau des écoles haïtiennes associées de l'UNESCO a entrepris, du 15 au 18 mai 2009, une véritable mobilisation en faveur de l'environnement. L'activité, baptisée ''Rallye jeunesse de l'environnement'', a réuni environ 200 personnes (écoliers et encadreurs) à Forêt-des-Pins, une section communale de Fonds-Verrettes, commune du département de l'Ouest. Résultats : environ 5 000 plantules mises en terre ; engagement des élèves à faire une plantule le plus souvent possible ; engagement de 400 écoliers de la localité et de leurs parents à veiller à l'évolution des plantules et à continuer le travail de reforestation...
Haïti: Le 15 mai 2009, des écoliers et leurs accompagnateurs au nombre d'environ 200, se sont rassemblés tôt le matin au Champ de Mars dans la capitale haïtienne, sur la cour du Collège Saint-Pierre, un établissement du Réseau des écoles haïtiennes associées de l'UNESCO. Ils venaient de sept (des dix) départements géographiques d'Haïti : Ouest, Sud, Sud-Est, Nippes, Grand'Anse, Centre, Nord-Ouest. Après les consignes générales et les formalités d'usage, ils ont levé l'ancre. Prochain arrêt : Ganthier, commune de l'Ouest située à quelques 25 km au Nord-Est de Port-au-Prince, où les attendait un ancien président de la République d'Haïti, Me Boniface Alexandre. Celui-ci, visiblement heureux, les a reçus avec pompe et avec des mots on ne peut plus exaltants, entre autres : « Je suis heureux de les accueillir chez moi. C'est le plus beau jour de ma vie. L'objectif de leur déplacement me fait aussi plaisir. C'est une très belle initiative. J'encourage cette jeunesse, l'espoir de ce pays, à réitérer ce geste chaque année ». Quel geste ?
Il s'agissait, en effet, pour le ministère de l'Environnement et le Réseau des écoles haïtiennes associées de l'UNESCO, de conduire des écoliers à Forêt-des-Pins, dans la perspective d'explorer ce site naturel en péril, de comprendre son rapport avec les désastres meurtriers de 1998 et de 2004, et de planter des arbres sur les surfaces dénudées des bassins versants alimentant en eaux Fonds-Verrettes et Mapou. Perspective : entamer une véritable mobilisation des jeunes générations dans la prise en charge de l'environnement. Cette action rejoint l'objectif de la Décennie des Nations Unies pour l'éducation en vue du développement durable (2005-2014, DEDD), pour laquelle l'UNESCO est l'agence chef de file. La DEDD vise, entre autres, à intégrer les principes, les valeurs et les pratiques du développement durable dans tous les aspects de l'éducation et de l'apprentissage.
La rencontre avec le président Boniface a galvanisé les élèves et leurs accompagnateurs. Me Boniface a dialogué avec eux ; le secrétaire permanent de la Commission nationale haïtienne de coopération avec l'UNESCO (CNHCU), M. Jean Coulanges, et le coordonnateur national adjoint du Réseau des écoles associées, M. Gilbert Buteau, en ont profité pour lancer officiellement le rallye. Joyeux et contents, les jeunes, après avoir laissé Me Boniface, ont opéré un détour par Source Zabeth, un site écologique de Ganthier qui montre la naissance d'une rivière à partir de plusieurs sources à peine espacées, surgissant des racines des arbres. Les participants ont pu explorer les sources et la rivière. Mais ils ont remarqué que le site n'était pas convenablement géré ; n'importe qui peut y pénétrer, entreprendre n'importe quelle activité, souiller, faire du tapage et s'en aller, sans contrôle réel de la mairie, en nette inadéquation avec la faune et la flore des lieux. Les autorités concernées devraient repenser l'exploitation de l'espace et le prédisposer à d'autres usages, un véritable jardin botanique, par exemple. La nature s'y prête d'ailleurs ; la biodiversité s'exprime dans un paysage pluriel où une zone semi-aride côtoie allègrement une végétation luxuriante, parcourue de ruisseaux.
La prochaine escale offerte par la coordination nationale du Réseau des Ecoles associées a été Fonds-Verrettes. Là, les jeunes ont été accueillis par le secrétaire général de la mairie, M. Ebel Mérisca. Celui-ci en a profité pour expliquer les cauchemars du centre-ville qui se trouvait en contrebas de la forêt des pins. La commune en certains endroits est encore verte, mais elle étale une telle désolation que les autobus ont dû courir une bonne quinzaine de minutes sur des cailloux, un vaste étalage de pierres, celles-là mêmes qui ont terrassé les demeures du centre-ville à deux reprises avec le cyclone Georges en septembre 1998 et les pluies diluviennes de mai 2004 qui ont détruit, en plus, un établissement scolaire, le bâtiment imposant de l'église de la paroisse, les locaux d'un commissariat de police, et causé la mort d'environ 500 personnes.
Les jeunes ont reçu un choc ; et ils ont compris que ces désastres provenant de phénomènes naturels sont plutôt dûs au comportement prédateur de l'homme. M. Mérisca, dans son allocution de circonstance, a résumé l'agressivité contre l'environnement, l'acharnement aveugle contre les pins de la forêt et l'inaction des autorités concernées. Résultats : déforestation en amont (à Forêt-des-Pins), déferlement des eaux en temps de pluies, inondations sauvages, maisons emportées par les flots avec leurs occupants, disparition de la ville... Mais le secrétaire général de la mairie, loin de perdre confiance, s'est réjoui du rallye et croit dans l'avenir : « Avec ce mouvement, a-t-il lancé, nous aurons un autre pays avec un autre environnement. Luttons pour qu'Haïti redevienne la perle des Antilles ».
Cinq jeunes de Fonds-Verrettes ont rejoint ceux venus des autres départements. Le rallye a pris ensuite la direction de Forêt-des-Pins. Les élèves y arriveront dans la soirée. Après une pause, l'installation dans les chalets de la forêt aménagés en la circonstance et le repas du soir, il aura fallu se reposer du long périple fatigant, mais combien éducatif et sensibilisateur. Continuer > |
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Le lendemain, le 16 mai, les jeunes n'ont pas eu de répit. Après l'envoi des couleurs (celles d'Haïti et celles des Nations Unies) et le petit déjeuner, ils ont repris la route pour le Sud-Est du pays, particulièrement pour Mapou, quartier en forme de cuvette de la commune de Belle-Anse ravagé du 22 au 23 mai 2004 par des pluies diluviennes. Celles-ci avaient provoqué des inondations et les eaux, atteignant plusieurs mètres de hauteur, avaient emprisonné les habitants chez eux et englouti des vies humaines en quantité. La route, la nationale no. 4, était cahoteuse dans toute sa longueur, mais la curiosité des élèves a vaincu toutes les fatigues. Les traces de la dernière inondation étaient encore là, visibles, à Mapou : arbres de 5 m de haut dépourvus de houppiers (feuillage) parce qu'ils avaient été recouverts par les eaux ; la vaste vallée (cuvette) bordée de mornes dénudés ; des bancs de cailloux blancs dans les lits de ravines par-ci ; une forte végétation par-là, aux endroits où la nature a repris ses droits ; les riverains qui n'ont pas été totalement réhabilités : les tentes de 2004 sont encore là, à côté de maisonnettes de fortune. Les déplacés questionnés par les jeunes racontaient, avec émotion, le désarroi de 2004 et crachaient, avec indignation, leurs insatisfactions. A part les mornes limitrophes nus, le facteur principal de l'inondation dévastatrice est le déboisement en amont, à Forêt-des-Pins, selon les techniciens forestiers.
Apprendre à être, apprendre à planter
Les jeunes ont laissé la cour de l'Ecole nationale de Mapou vers les 5 h p.m. pour regagner Forêt-des-Pins vers 9h p.m. Fatigués ? Non. Arrivés au campement, ils ont plutôt allumé un boucan culturel fait de chansons, de textes, de danses, de blagues, etc. Le boucan était d'abord physique, fait de deux foyers de bois morts, coupés et arrangés un bout sur l'autre en forme de carré. Les écoliers l'allumeront aussi le soir suivant, avec des prestations plus spontanées que planifiées ; ils saisiront l'occasion pour consacrer un moment à la fête des professeurs et à celle du drapeau. Ils ont ainsi matérialisé les quatre piliers de l'éducation : apprendre à être ; apprendre à faire ; apprendre à connaître ; apprendre à vivre ensemble.
Le jour suivant, le 17 mai, c'était la mise en terre des plantules. Après l'envoi des couleurs, le petit déjeuner et l'organisation d'ateliers sur différentes facettes de l'environnement, le rendez-vous était à Gros Cheval, une autre section communale de Fonds-Verrettes qui prolonge Forêt-des-Pins à l'Ouest. Là attendaient 400 écoliers de la localité. Après les discours et chants de bienvenue, les deux groupes se sont fusionnés pour planter d'abord environ 1 000 plantules de pins sur une ferme-école, puis 4 000 autres sur un versant du morne Alphonse, principal élément de relief responsable des déversements d'eaux sur Fonds-Verrettes. La journée a été gaiement remplie, malgré une fine pluie. Avec cette action, le Réseau des écoles haïtiennes associées de l'UNESCO a entamé, sur ce morne, ce qui doit devenir le bosquet de l'UNESCO qui, quand il sera complet, servira à retenir les eaux et contribuer à protéger en amont le centre-ville de Fonds-Verrettes.
Les élèves de la localité ont mis de l'ardeur dans le travail et se sont montrés déterminés à continuer le bosquet. Leurs parents, les paysans, sont également sensibilisés et conscientisés. Ces derniers, qui auparavant n'avaient pas voulu de pins sur leurs terres, ont prêté main forte à la mise en place du bosquet de l'UNESCO en préparant les trous, en amassant des plantules pour eux-mêmes afin de marier pins et cultures maraîchères tout en prenant l'engagement d'assurer la permanence pour protéger les arbres plantés par les écoliers et pour veiller à leur évolution.
Les élèves laisseront Forêt-des-Pins vers 13 h le 18 mai 2009 pour remettre le cap sur Port-au-Prince, satisfaits d'avoir accompli, avant le 5 juin, Journée mondiale de l'environnement, des actions en faveur de la viabilité de l'environnement. Le Réseau a donc apporté sa quote-part à la Décennie des Nations Unies pour l'éducation en vue du développement durable (2005-2014, DEDD). Il a amorcé, par cette action, un mouvement éducatif et pratique devant encourager les changements de comportement afin de créer un avenir plus viable du point de vue de l'intégrité de l'environnement, de la viabilité économique et d'une société juste pour les générations présentes et futures. Ce mouvement non seulement met en valeur le patrimoine naturel haïtien mais aussi tient compte des réalités de la République d'Haïti où la priorité numéro un doit être la protection de l'environnement.
Financé dans le cadre du Programme de participation de l'UNESCO, patronné par le ministère de l'Environnement, supporté par le bureau du Premier ministre, le ministère de l'Education, la UNIBANK, la Commission nationale de développement transfrontalier, l'Université Notre Dame d'Haïti (UNDH) et l'Université de Port-au-Prince (UP), ce mouvement est à ses débuts. Chaque participant (élève, accompagnateur) a pris l'engagement de faire des plantules le plus souvent possible, chaque école a promis de constituer une pépinière et d'amorcer d'autres séances de reboisement sur des sites protégés.
Une grande mobilisation se met donc en place en faveur de l'environnement haïtien. Comme l'a martelé le 17 mai M. Jean Robert Sultan, coordonnateur du projet ''Reboisement par l'éducation'' de Gros Cheval, partenaire de la Commission haïtienne de l'UNESCO dans la mise en place du bosquet, « Nous sommes déterminés à travailler pour une Haïti où les générations présentes et futures n'auront pas à fuir leur terre natale pour aller essuyer des rebuffades à l'étranger, mais pourront vivre dans leur pays, dans un milieu sain, économiquement viable et socialement juste, grâce à la régénération de l'environnement ».
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Pierre THIBAULT Jr |
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