| |
Huit écoles du Bel-Air enfin dotées d'infirmerie
Des écoliers répartis dans huit établissements scolaires du quartier de Bel-Air ont enfin accès aux soins infirmiers grâce à un projet de « Santé scolaire» (PSS) mis sur pied par Viva Rio, une ONG étrangère. Question de procurer des soins nécessaires aux élèves et aussi les responsabiliser dans leur propre prise en charge sanitaire.
Haïti: Lucxo Saint-Cyr, dans la vingtaine, élève de la terminale I au lycée Alexandre Pétion, depuis qu'il fréquente cette institution scolaire, dit n'avoir jamais accès aux soins infirmiers dont il a besoin. « Avec cette infirmerie à l'école, je me sens bien maintenant, car je sais que je ne suis pas le seul élève qui va recevoir les soins de santé quand on en aura besoin», ajoute-t-il.
Lucxo Saint-Cyr est l'un des milliers d'écoliers du Bel-Air qui bénéficient actuellement du projet de « Santé scolaire». Pour son plus grand bien. Ce projet, financé à hauteur de quelque deux cent mille dollars américains par le gouvernement de la Norvège et l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et exécuté par Viva Rio, a pour but de responsabiliser les élèves dans leur propre prise en charge sanitaire et s'inscrit aussi dans le large programme « Onè respè pou Bèlè », qui vise à l'amélioration de la qualité de vie des habitants du quartier de Bel-Air et de ses environs.
Ce projet de santé doit pratiquement couvrir toutes les écoles du Bel-Air. Huit écoles en sont déjà bénéficiaires, notamment le lycée Alexandre Pétion, le lycée Daniel Fignolé, le Petit Séminaire Collège Saint Martial, l'Ecole Nazaréenne, les Soeurs Salésiennes, l'Armée du salut, l'Ecole du Perpétuel secours et l'Ecole nationale de la République d'Argentine. Chacune de ces écoles dispose d'une infirmerie et d'une infirmière employée par Viva Rio, qui répond aux moindres préoccupations des élèves et des professeurs. Ces infirmeries fonctionnent tous les jours durant l'année scolaire. Chaque infirmerie dispose d'un lit avec matelas, d'un porte-sérum, d'une balance, d'une chaise roulante, d'un kit de premiers soins, d'un bureau et d'un placard muni d'outils nécessaires.
Plusieurs infirmières interviewées par Le Nouvelliste n'ont pas caché leur satisfaction en prodiguant des soins infirmiers aux élèves au sein même de leur établissement scolaire. « Je suis heureuse de servir les écoliers dans mon métier d'infirmière. Je reçois tous les jours des élèves qui souffrent de migraines, de douleurs abdominales, de douleurs d'estomac, de la fièvre, de blessure, etc. Quand cela me dépasse, je suis obligée de transférer l'élève à un centre hospitalier pour les soins que nécessite son cas », a expliqué l'infirmière Paul Bernadette affectée au Lycée Alexandre Pétion.
Selon le Dr Rosiane Siméon, coordonnatrice du projet « Dlo, Fanm, Santé » de Viva Rio, le projet « Santé scolaire » a été conçu grâce à une enquête menée au Bel-Air sur les comportements de santé, particulièrement chez les élèves de la zone ou fréquentant une école de cette communauté. « Nous avons mis sur pied ce projet, car la majeure partie des institutions scolaires du quartier de Bel-Air sont dépourvues d'infirmerie pour fournir les premiers soins de santé aux élèves durant la période scolaire. Nous croyons fermement que la santé est un droit et qu'elle est aussi une affaire communautaire et surtout personnelle », déclare d'emblée Mme Siméon, l'air satisfaite.
Les activités de ce projet, précise Mme Siméon, s'articulent autour de trois axes, notamment l'environnement, l'équité de genre, la santé et l'eau. Une formation régulière et un encadrement des comités de gestion au niveau des écoles et un cours de santé sont également mis sur pied au sein de ces écoles.
Ceci illustre le constat malheureux du manque d'infrastructures de santé de base ou, dans le pire des cas, leur destruction par les vagues de troubles sociopolitiques enregistrées au cours des 20 dernières années dans le pays. Cette organisation non gouvernementale veut à tout prix porter sa contribution au renforcement des objectifs de l'Etat haïtien en vue de trouver des solutions aux problèmes de santé en commençant par les écoles, car les soins de santé ne sont plus un droit en Haïti mais un privilège.
|
|