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La France, Cuba et la Jamaïque vont aider Haïti à surveiller les ouragans
Haïti: La France, Cuba et la Jamaïque se sont engagés vendredi à offrir à Haïti une assistance technique pour surveiller l'arrivée des ouragans et des orages tropicaux dont l'impact pourrait être dévastateur pour les Haïtiens, en particulier les sinistrés du séisme.
Des météorologues français basés en Martinique vont fournir des bulletins de prévisions à Port-au-Prince, tandis que Cuba et la Jamaïque enverront des images radars et satellites, a-t-il été annoncé lors de la clôture d'une rencontre de météorologues internationaux qui se tenait depuis lundi dans les Bermudes.
Plusieurs autres pays ont proposé au pays caribéen des équipements de surveillance des ouragans, ainsi que du personnel pour rebâtir les infrastructures météorologiques détruites par le tremblement de terre du 12 janvier.
Plus de 220.000 personnes sont mortes lors de la secousse et quelque 1,3 million sont depuis sans abri, ce qui fait craindre une nouvelle catastrophe avec le début de la saison des pluies, en avril, qui sera ensuite suivie par celle des ouragans.
La plupart des camps de fortune qui sont nés dans Port-au-Prince au lendemain du séisme ne résisteront pas à des chutes de pluie, même si elles n'excèdent pas 10 mm, a ainsi averti Ronald Semelfort, directeur des services météorologiques haïtiens dont le siège s'est effondré le 12 janvier.
"Beaucoup de personnes vivent dans des abris dangereux, dans des tentes, en plein air. Elles sont extrêmement vulnérables au vent et à la pluie", a-t-il déclaré lors de la conférence.
Pour Jean-Noël Degrace, directeur de Météo France en Martinique, il ne fait pas de doute qu'Haïti connaîtrait un nouveau désastre humanitaire si le pays devait être traversé cette année par un cyclone.
"Il y a deux semaines, un front froid a provoqué des inondations. Les précipitations étaient minimes, mais 18 ou 20 personnes sont encore mortes. Imaginez comment ce sera avec un ouragan", a-t-il déclaré.
La probabilité qu'un ou plusieurs ouragans majeurs frappent les Caraïbes est plus élevée cette année que d'ordinaire, avaient averti il y a un mois les météorologues américains.
"Il est vraiment urgent qu'Haïti dispose de bons systèmes d'observation et d'alerte", a souligné M. Degrace.
Mais les autorités sont face à un autre casse-tête: prévenir la population de l'arrivée d'une tempête, car environ 80% des Haïtiens ne possèdent ni télévision ni radio.
Cela constitue un "défi" pour le gouvernement de Port-au-Prince, a jugé Bill Read, directeur du Centre américain de surveillance des ouragans, avouant ignorer comment auront avancé les réparations des infrastructures météorologiques haïtiennes lors de l'arrivée des premières grosses pluies.
L'an passé, la saison a été particulièrement calme dans l'Atlantique nord, ce que les experts expliquent en grande partie par le développement modéré du phénomène climatique El Niño.
En revanche, 2008 restera dans les annales comme une des années les plus agitées dans la région. En l'espace de quelques semaines, quatre ouragans ont soufflé sur Haïti. Près d'un million de personnes ont été affectées et quelque 800 sont décédées. Par milliers, les maisons ont été détruites et des milliers d'hectares de cultures ont été dévastés.
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